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La retouche photographique : petite histoire de la censure sous Staline

De nos jours, retoucher une photographie est devenu un geste banal. Des filtres Instagram aux applications d’amélioration d’image, nous connaissons tout de ces nouveaux gadgets numériques. Ils sont à la fois ludiques et sécurisants, ils nous apportent un peu plus d’assurance dans une société exigeante où l’apparence fait foi. Nous utilisons ces artifices au quotidien sans complexe, en pensant, à tort, qu’ils sont un des bénéfices de l’ère du digital. Et pourtant, la retouche photographique ne date pas d’hier ! Près de 70 ans avant le développement des premiers logiciels d’amélioration d’image, Staline en fait une arme de propagande redoutable. Passé maître dans l’art du trucage et du subterfuge, il efface, sans un regard, les indésirables de tous les portraits officiels. Il réécrit froidement l’histoire, un cliché après l’autre.

À droite de Staline sur la première photographie, Nikolaï Iejov n’apparait plus sur la seconde photo.

Joseph Staline et les grandes purges : rappel des faits historiques

Nous sommes en 1929. Joseph Staline, un révolutionnaire bolchevik d’origine géorgienne, domine l’Union des républiques socialistes soviétiques, l’URSS.
Dès son arrivée au pouvoir, le successeur de Lénine mène un jeu d’intrigues politiques et de manipulations sans précédent. Il déclare la guerre à un bon nombre d’anciens dirigeants soviétiques, perçus alors comme une menace. 


À partir de 1934, il les élimine un à un pour assurer sa suprématie politique. C’est l’époque des Grandes Purges staliniennes, une période trouble de l’histoire soviétique pendant laquelle près de 750 000 personnes trouvent la mort face à un peloton d’exécution, tandis qu’un million, et plus, d’individus sont envoyés aux goulags, des camps de travaux forcés installés dans les régions les plus hostiles du pays. 


Si les Grandes Purges visent avant tout les « carriéristes » et les « égoïstes » qui ne méritent pas leur appartenance au parti, la plupart des ennemis de Staline subissent un simulacre de procès avant d’être abattus en public. D’autres disparaissent sans laisser de traces…

L'image originale de 1924 ne fait pas un très bon travail pour dissimuler la peau grêlée de Staline, résultat d'avoir souffert de la variole dans son enfance. Il n'est pas surprenant qu'une version imprimée de cette photo, publiée en 1939, lorsque Staline était un dirigeant tout-puissant, ait été sérieusement retouchée - comme vous pouvez le voir, sa peau est lisse, ses cheveux et sa moustache soyeux.

Quand la retouche photographique devient une arme de propagande

Stratège aguerri et maître de la manipulation, Staline connaît pertinemment l’influence des photos officielles. Il s’entoure alors de multiples experts en retouche photographique à qui il confie une mission importante et colossale : effacer les nombreux « ennemis du régime » de toutes les archives historiques.

Une opération de contrôle minutieuse

Les retoucheurs de Staline s’attellent méthodiquement à la tâche, ils créent ainsi d’innombrables fantômes, jadis personnages politiques haut placés… Parmi ces « disparus » de l’histoire, on trouve Nikolaï Iejov, leader suprême du NKVD et ancien bras droit du dictateur. 


Nikolaï Iejov, c’est l’homme à la tête des purges staliniennes. Il a supervisé le massacre et ordonné l’assassinat de divers responsables du Parti communiste, mais un revers de fortune lui fait perdre les faveurs du chef politique en 1939. Il est alors arrêté, jugé et exécuté.


Une fois Iejov écarté, l’équipe de Staline se met immédiatement au travail. Grâce à divers procédés de retouche photographique rudimentaires, elle fait disparaître toutes les traces du bras droit déchu sur les clichés officiels


Le sort de Nikolaï Iejov n’est pas un cas isolé. À leur tour, des dizaines de personnes appartenant à l’entourage de Staline vont subir le même outrage.
La détermination du dictateur est immuable et certains portraits sont même révisés plusieurs fois, alors que les exécutions se succèdent. À titre d’exemple, l’un des clichés historiques les plus célèbres présente Joseph Staline accompagné de 3 de ses adjoints, mais sur la dernière version de cette image, le dirigeant est seul à prendre la pose.

Cette image historique montrait de jeunes socialistes en 1897 avant que certains d'entre eux n'arrivent au pouvoir. Vous reconnaîtrez un jeune Vladimir Lénine (au milieu) – bien sûr, il a gardé sa place. Alexander Malchenko (debout, à gauche) n'a pas eu cette chance : en 1930, il a été accusé d'être un espion, exécuté et remplacé par une tache blanche.

La retouche photographique et la censure

La falsification historique, c’est l’arme secrète du régime stalinien. Aussi, le dirigeant va plus loin : il demande à ses collaborateurs de contrôler l’ensemble des publications à travers le pays.
Pour ce faire, ces derniers contactent tous les rédacteurs en chef et leur indique la liste des personnalités à exclure des divers visuels et des parutions. Bien entendu, les hommes de presse ne se font pas prier, ils plient sans contrainte aux aspirations de dictateur.


Par cette censure habile, Staline réécrit l’histoire, il modifie les événements qui lui sont contemporains, mais aussi le passé. Par exemple, il ordonne que Léon Trotski soit retiré de toutes les photographies officielles, puis il exige d’être inséré sur les plus importants clichés de l’histoire soviétique.

La censure permettait à Staline de réécrire l’Histoire en effaçant purement et simplement certains « éléments indésirables » des documents officiels comme sur cette photo ci-dessus.

Un peuple terrifié par ces pratiques

Dans la crainte d’être punis par les pouvoirs politiques, les civils effacent à leur tour toutes les traces des ennemis de Staline. Pour cela, ils découpent ou noircissent les représentations photographiques sur lesquelles ces derniers apparaissent. Enfin, les familles dont un ou plusieurs membres ont été condamnés n’ont pas d’autre choix que de renier l’existence même de ces proches.
Et la mégalomanie de Staline ne s’arrête pas là… La population est rapidement contrainte de suspendre un portrait de celui que l’on appelle désormais « le Petit Père des peuples » dans chaque foyer et dans chaque entreprise et personne ne peut déroger à cette règle. 

On sait aujourd’hui que Staline n’est pas l’unique dictateur à avoir eu recours à de la retouche photographique, mais il est, sans doute, le seul à avoir utilisé celle-ci comme une arme de propagande massive.

Portrait de Staline retouché pour obtenir une image beaucoup plus flatteuse pour la propagande.

La retouche photographique par Arnography

Chez Arnography, nous avons à cœur de réhabiliter les images centenaires


Bien loin des pratiques staliniennes, nous utilisons des techniques de restauration modernes pour redonner un visage aux silhouettes effacées. Nous recréons les clichés anciens pour qu’ils nous livrent tous leurs secrets. En un mot, nous rendons hommage au passé. 


Vous possédez quelques portraits surannés dont la couleur a pâli sous l’action des rayons UV ? Vous déplorez les clichés de mariage de vos arrières grands-parents qui ont subi quelques dégâts accidentels ? Confiez-nous ces épreuves, car nous avons l’expertise nécessaire pour leur donner une seconde vie. 


Rassurez-vous, nous maîtrisons parfaitement les contraintes de la retouche photographique et nous travaillons régulièrement avec des clients particuliers comme avec des professionnels du monde entier

Vous voulez en savoir davantage sur cette prestation ? Visitez notre site Internet, parcourez notre blog ou prenez directement contact avec nous. Nous serons ravis de vous accompagner dans votre projet.

Voici un autre cas d'embellissement d'une image avec des détails supplémentaires. Lénine s'adressait à une foule en 1920, mais quatre ans plus tard, avant de publier l'image, les éditeurs ont décidé d'élargir son public - ils ont donc utilisé une plus grande foule à partir d'une autre photo.
Photographe professionnel dans l'Oise depuis 9 ans. Notre studio photo se situe à deux pas du Val d'Oise au 6 place Bourgeois à Boran sur Oise (60820).
Nous avons une galerie studio photo de 500m² comprenant une galerie photo, une salle de visionnage, un studio photo pour les prises de vues et un jardin permettant les photos en extérieur.

Récompenses et titres :

- Portraitiste de France (2015)
- Exposant au Salon d'Automne Grand Palais en catégorie portrait à Paris (2016)
- European Photographer (2016)
- Sélectionné dans l'équipe de France en catégorie "Mariage" à la coupe du Monde de la photographie (2017)

Téléphone : 09 50 52 52 81
RCS : Compiegne B 814 395 786
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